Mathieu Maxence
Création d'intérieurs
La pensée est la source du travail de Maxence Mathieu. Ses recherches explorent les espaces fictifs (rêves, songes, projections mentales, réalités virtuelles, états de conscience modifiés…) et leur entrelacement avec les espaces dits « réels ». Cette mise en abîme, moteur fondamental de sa démarche, engendre des réalités complémentaires, des mondes possibles où la pensée elle-même devient matériau. Ses propositions spatiales (installations, sculptures, protocoles, dessins, photographies…) fonctionnent comme des perturbateurs cognitifs et sensibles, des médiateurs ouvrant des zones de doute et de déplacement du regard.
Il reçoit, en 2016, le Prix des Arts plastiques du Hainaut, en 2017, le Prix Jeunes artistes du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (Sculpture et Installations) et, en 2020, le Prix de la Jeune Sculpture de petit format de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Diplômé d’un Master en Sculpture à l’ENSAV La Cambre (2016) et d’un bachelier en Création d’intérieurs à l’ESA Saint-Luc Bruxelles, il expose régulièrement en Belgique et à l’étranger : Maison des Arts de Schaerbeek (2017, 2019), Keramis (2016), BPS22 (2021), Centre culturel de Namur (2021), RAVI Liège (2022), Art au Centre Liège (2024), triennale d’Art Public Bouillon (2025), ainsi qu’au Centre Bang (Canada, 2019), entre autres.
Il enseigne le design et la couleur en Création d’intérieurs à l’ESA Saint-Luc Bruxelles depuis 2018.
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« Mon travail n’est pas d’abord celui des formes mais de la pensée. Je conçois mes installations, sculptures, objets, dessins, photographies ou protocoles comme des outils fragiles permettant d’éprouver autrement le réel. Ce réel – spectacle à la fois malicieux et implacable – n’est rien d’autre que le reflet de notre capacité à voir, à douter et à nous émerveiller de la vie en elle-même et pour elle-même.
En explorant ses failles et ses coulisses, je tente de révéler des interstices, des zones d’incertitude, où l’art devient une forme de médiation ontologique. Mes œuvres ne visent pas à imposer un sens mais à créer des seuils de perception : à la fois perturbateurs et accueillants, ils déplacent nos certitudes et ouvrent à d’autres possibles.
Michel Henry définissait la vie comme ce qui « se sent et s’éprouve soi-même en chaque point de son être¹ ». En écho, Robert Filliou affirmait que « l’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art² ». C’est entre ces deux lignes de force – vie et art, subjectivité et monde – que se situe mon travail : non pas produire des images closes, mais inventer des passages, des médiateurs, des architectures de pensée.
J’espère qu’un jour, l’art saura non seulement représenter, mais véritablement embrasser la vie. »
[1] Michel Henry, La Barbarie, Grasset, 1987 (§ 1, p. 15).
[2] Robert Filliou, L’Art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art, Presse du Réel, 2003.