ESA St-Luc Bruxelles

école supérieure des arts
bacheliers et masters
arts visuels
arts de l’espace




(illustration : Lucas Gicquel)

[EN] ESA St-Luc Bruxelles organizes an international workshop on boundaries from 18 to 22 February 2019.

If borders determine the boundaries of a particular territory or space, they do not necessarily limit the movement of people and goods, they also nurture exchanges. While they separate, they can also be crossed or even transgressed. At a time in history where the geopolitical stakes associated with borders are particularly preoccupying, ESA Saint-Luc Brussels has chosen to seize this issue by addressing it in the artistic field.

While borders can support the classification of human knowledge or skills, and determine the will of peoples, they also gain from being disputed or put into question. This is what this weeklong workshop proposes to address, by exploring the notion of the boundaries between artistic practices and by encouraging cross-border exchanges.

Obstacle or ideally-traced arbitrary line, the border is exposed...

[FR] Si les frontières déterminent les limites d’un territoire ou d’un espace particulier, elles ne limitent pas forcément la circulation des hommes et des biens, elles permettent aussi les échanges. Si elles séparent, elles peuvent aussi être franchies, voire transgressées. A un moment de notre histoire, où les enjeux géopolitiques associés aux frontières sont particulièrement préoccupants, l’ESA Saint-Luc Bruxelles a choisi de s’emparer de cette question en l’adressant dans le champ artistique.

Si les frontières peuvent soutenir la classification des connaissances et savoir-faire humains et déterminer la volonté des peuples, elles gagnent aussi à être interrogées ou remises en cause. C’est ce que cette semaine de workshop se propose de mettre en œuvre en faisant aussi un retour sur la question des frontières entre pratiques artistiques et en favorisant les échanges transfrontaliers.

Obstacle ou ligne idéale au tracé arbitraire, la frontière s’expose…

  • Participating schools / écoles participantes

    [EN] Students in the 3rd year of a Bachelor of Visual Arts degree will represent the following schools :
    [FR] Des étudiants en 3e année de bachelier en arts visuels représenteront les écoles suivantes :

    Accademia di Belle Arti // Bologna - Bologne
    Akademia Sztuk Pięknych w Warszawie // Warsaw - Varsovie
    Escola Massana Centre d’Art i Disseny // Barcelona - Barcelone
    Gengdan Academy of Design // Beijing - Pékin
    School of Art and Design, Hubei University of Technology // Wuhan
    School of Art and Design, Kennesaw State University // Atlanta
    Weißensee School of Art // Berlin

  • Sub-themes / Sous-thèmes

     Interior boundaries // Frontière intérieure

    [EN] The work would be undertaken around the idea of boundary between “mental health” and “insanity”. Around some of the concepts addressed by the notion of insanity :


    The “madman” threatens the establishment in our mental categories. Thanks to his unique and irreducible presence, he asserts through only his difference the impossible homogeneity of the social body. “Only the true Freak challenges the conventional boundaries between male and female, sexed and sexless, animal and human, large and small, self and other, and consequently between reality and illusion, experience and fantasy, fact and myth” (FIEDLER L.- Freaks : Myths and Images of the Secret Self, New-York : Simon and Schuster, 1978).
    The simple presence of the “madman” disturbs, shrinks or annihilates the boundaries that determine our differences in identity. He is an example that brings us to doubt of our own identity. The “madman” designates our fragility and indetermination, he becomes the mirror of ones’ self, of what cannot be brought to light in a normalizing society like ours. “Madness” makes us doubt of norms and conventions. It challenges what, deep inside us, in our “secret self”, is abnormal (what deviates from the norm, what is an average between all individuals).

    “Madness” challenges all codes of representation (of ones’ self and of the world). And therefore the world of images…

    [FR] Le travail se ferait autour de l’idée de la frontière entre la “santé mentale” et la “folie”, autour de concepts que la folie questionne :


    Le “fou” menace l’ordre établi de nos catégories mentales. Grâce à sa présence unique et irréductible, il affirme par sa seule différence l’impossible homogénéité du corps social. “Seul le vrai Freak défie les liens conventionnels entre mâle et femelle, sexué et asexué, animal et humain, grand et petit, soi et les autres, et donc entre réalité et illusion, expérience et fantaisie, fait et mythe.” (FIEDLER L.- Freaks : Myths and Images of the Secret Self, New-York : Simon and Schuster, 1978).
    La présence d’un “fou” trouble, amenuise ou annihile les frontières qui déterminent nos différences identitaires. Il est un exemple qui nous amène à douter de notre propre identité. Le “fou” nous indique notre état de fragilité et d’indétermination, il devient le miroir de soi, de ce qui ne peut être mis en évidence de soi dans une société normalisatrice comme la nôtre. La “folie” nous amène à douter des normes et des conventions. Elle interpelle ce qui, au fond de nous, dans notre « moi secret », est anormal (ce qui s’écarte de la norme, qui n’est qu’une moyenne entre tous les individus).

    La “folie” remet en question tous les codes de la représentation (de soi et du monde). Et donc le monde des images…

     Words without boundaries // Mots sans frontières

    [EN] All languages are blended. Historically speaking, there are no more pure languages than there are pure races. Languages are among the most tangible testimonies of the coexistence and cohabitation of communities and cultures over time. Like humans who exchange and share, words are borrowed between languages, witnessing the fact that borders are sealed only by convention.
    The workshop allows us to question the dotted lines that separate us arbitrarily. Beyond the cartographic borders, we have the opportunity to explore our linguistic melting pot and to question it through image, typography or spatial installations.

    [FR] Toutes les langues sont mêlées. Historiquement, il n’y a pas plus de langues pures que de races pures. Les langues sont parmi les témoignages les plus tangibles de la coexistence et cohabitation de communautés et de cultures au fil du temps. À l’image des humains qui échangent et partagent, les mots s’empruntent d’une langue à l’autre attestant que les frontières ne sont hermétiques que par convention.
    Le workshop nous offre l’occasion de questionner les lignes pointillées qui nous séparent arbitrairement. Au-delà des frontières cartographiques, nous avons l’opportunité d’explorer notre melting pot linguistique et de le questionner par l’image, la typographie ou la mise en espace.

     Gender perspective // Notion de genre

    [EN] Fluctuating, uncertain, the gender perspective is difficult to delimit. The workshop invites participants to question this concept by reconsidering the position of the artist, understood as holder of sociocultural representations, whose different practices undoubtedly forge social relations.

    [FR] Fluctuante, incertaine, la notion de genre est difficile à délimiter. Ce workshop invite les participant·e·s à s’interroger ensemble sur ce concept en repensant la position particulière de l’artiste, entendu comme détenteur et détentrice des représentations socio-culturelles, dont les différentes pratiques forgent indubitablement les rapports sociaux.

     Of walls and sounds // Des murs et des sons

    [EN] “In a given space, a partition is a structure which allows us to identify zones and to differentiate one place from another. For instance : a living room from a kitchen, one bedroom from another, or an office from a dining room. A partition is a panel separating two interior spaces within an interior.
    But beside these interior bubbles, separations and limits also exist outside the interiors, which we call walls. We are surrounded by many of them : walls of shame, the Green Line, the border barrier of Hungary, the wall of apartheid, the Atlantic wall, the Annexation Wall, the safety barrier, the Wall of Peace, the Great Wall, the Western Sahara Wall. Today, over twenty-one thousand kilometers of walls, equivalent to over half of the globe’s circumference, separate human beings. According to those who justify them, they serve to avoid conflicts, prevent terrorist acts, counter illicit contraband and stop the flow of migrants.

    Those walls, the political walls, designate limits, delimit, draw frontiers, exclude, extend exiles, and separate from enemies. But they separate also the same quantity in numbers of people who love each other”
    (SEYS, Pascale. - Et vous qu’en pensez-vous ?, Racine, 2018).

    [FR] "Dans un espace donné, une cloison est une structure qui permet d’identifier des zones et de différencier un lieu d’un autre. Par exemple, un salon d’une cuisine ou d’une chambre d’une autre chambre ou un bureau d’une salle à manger. Une cloison, c’est une paroi qui sépare deux espaces à l’intérieur d’un intérieur.

    Mais en dehors des bulles intérieures, des séparations et des limites existent aussi à l’extérieur des intérieurs que l’on appelle des murs. Il y en a quantité autour de nous : les murs de la honte, la ligne verte, la clôture de la Hongrie, le mur de l’Apartheid, le mur de l’Atlantique, le mur d’annexion, la barrière de sécurité, le mur de la paix, la Grande Muraille, le mur des Sables. Aujourd’hui dans le monde, vingt et un mille kilomètres de murs, plus de la moitié de la circonférence de la terre, séparent les êtres humains. Ils servent, selon les discours officiels qui le justifient, à empêcher des conflits, à prévenir des actes terroristes, à freiner la contrebande illicite ou à stopper l’afflux de migrants.

    Ces murs-là, ces murs politiques, marquent des limites, délimitent, dessinent des frontières, excluent, prolongent les exils, séparent des ennemis. Mais ils séparent aussi la même quantité en nombre de gens qui s’aiment."
    (SEYS, Pascale. - Et vous qu’en pensez-vous ?, Racine, 2018)

     Games without frontiers (song of // chanson de Peter Gabriel)

    [EN] Frontiers are a game, which we impose on ourselves (for pleasure or by necessity), or from which we can suffer. The words of this song, structured in riddles so dear to Peter Gabriel, denounce and illustrate different realities. The ones we suffer rather than choose. We understand the political and philosophical contexts, worlds of egocentric, narcissistic and manipulative adults, while at the same time confronting them to the bright universes of children.
    Play, play games, they know that so well. And this playful young audience, without knowing all the rules, know how to free themselves from the frontiers imposed by civilizations and cultures. We invite you to join them in this vessel, this nave, with destination the open mind, across all horizons.

    The song denounces these different aspects, the ridiculous concept of competition, worthless if we are just ourselves relative to the other, without empathy. The nuclear terror it evokes also reminds us of this : stay at home, or I will attack ! While the history of mankind proves until today that it never stopped penetrating the most sought-after territories. So, together, let us enjoy ourselves by unravelling the imaginary threads of these frontiers, and using them to weave new stories.

    [FR] Les frontières sont un jeu, que l’on s’impose (par plaisir ou par besoin), ou dont on peut souffrir.
    Les paroles de cette chanson, au contenu “rébus”, cher à Peter Gabriel, dénoncent et illustrent différentes réalités. Celles qu’on subit plutôt qu’être choisies. Nous comprenons ces contextes politiques, philosophiques, mondes d’adultes égocentriques, narcissiques, manipulateurs, tout en les confrontant aux univers lumineux des enfants.

    Le jeu, les jeux, ils les connaissent si bien. Et ce jeune public joueur, sans en connaître vraiment bien les règles, sait s’affranchir des frontières que les civilisations, les cultures, ont toujours voulu imposer. Nous vous proposons de prendre place avec eux dans ce vaisseau, cette nef, en partance pour l’ouverture d’esprit, tous horizons confondus.

    La chanson dénonce ces différents aspects, ce côté ridicule de la compétition qui ne vaut pas grand-chose si l’on est que soi-même par rapport à l’autre, sans empathie. La terreur du nucléaire qu’elle évoque également nous parle de ceci : reste chez toi ou je t’attaque ! Alors que l’histoire de l’humanité nous prouve jusqu’à aujourd’hui qu’elle n’a eu de cesse de pénétrer dans tous ces territoires convoités. Alors, ensemble, amusons-nous à découdre le fil imaginaire de ces frontières, et grâce à lui, nous pourrons tisser la trame de nos nouveaux récits.

     Barbed wires / multiple boundaries // Fils barbelés / Frontières multiples
    Engraving workshop : soft varnish etching technique // workshop gravure : technique vernis mou

    [EN] By changing perspective, positioning ourselves differently with respect to a boundary marked with barbed wire, tensions can become greater, atmospheres more dramatic.
    Nature’s invasiveness, its way of hiding the barbed wire, the boundary, digesting it, integrating it into the scenery, reinforces more discrete, slower, deeper battles.
    In the night, boundaries move between certain French farmers, because nature hides their position and some farmers make them reappear a little further away, to win a bit of territory.
    The traces of boundaries are inconspicuous, easy to manipulate, aggressive.
    Barbed wire is commonplace in our countryside, but elsewhere ?

    [FR] En changeant le point de vue, en se plaçant autrement par rapport à une frontière marquée par des fils barbelés, les tensions peuvent devenir plus fortes, des ambiances plus dramatiques.
    L’envahissement par la nature, sa manière de cacher le barbelé, la frontière, de la digérer, de l’intégrer au paysage renforce des combats plus discrets, plus lents, plus en profondeur.
    Dans la nuit, des frontières bougent chez certains fermiers français car la nature cache leurs emplacements et certains fermiers les font réapparaître un peu plus loin pour gagner un peu de territoire.
    Les traces de frontières sont imperceptibles, et manipulables, agressives.
    Le fil barbelé est banal dans nos campagnes mais ailleurs ?


  • Programme

    9 am - beginning of the workshop at the Maison des cultures de Saint-Gilles and ESA Saint-Luc
    4 pm - visit of ESA St-Luc
    5 pm - lecture by Pierre Hupet, director of Centre Permanent pour la Citoyenneté et la Participation : Presentation of the campaign "Faites le mur !" and Damien Simonneau, doctor in political science, Saint-Louis University, Brussels
    6.30 pm - welcome drink

    8.30 am-10 pm - workshop

    8.30 am-4 pm - workshop

    8.30 am-10 pm - workshop

    8.30 am-12.30 pm - installation of the works produced at the Maison des Cultures de Saint-Gilles
    12.30 pm-6pm - free time
    6 pm-9 pm - inauguration drink at the Maison des Cultures de Saint-Gilles
    + PARTICIPATIVE PERFORMANCE "By word of mouth" by Medeber Teatro

    Inspired by the mix of languages and voices that characterize Saint-Gilles, this poetic action invites people speaking different languages to share poems and songs from their heritage.

    The exhibition will remain visible at the Maison des Cultures de Saint-Gilles for two weeks to allow schools to visit it and organize workshops around this theme during the carnival holidays and weekends. ESA students who have participated will be invited to present the exhibition to the visiting public.

    9h - début du workshop à la Maison des Cultures de Saint-Gilles et à l’ESA Saint-Luc
    16h - visite de ESA St-Luc
    17h - conférence de Pierre Hupet, directeur du Centre Permanent pour la Citoyenneté et la Participation : présentation de la campagne "Faites le mur !" et Damien Simonneau, docteur en science politique, Université Saint-Louis - Bruxelles
    18h30 - drink de bienvenue

    8h30-22h - workshop

    8h30-16h - workshop

    8h30-22h - workshop

    8h30-12h30 accrochage à la Maison des Cultures de Saint-Gilles
    12h30-18h après-midi libre
    18h-21h vernissage et drink à la Maison des Cultures de Saint-Gilles
    + Performance participative « De bouche à oreille » par Medeber Teatro

    Inspirée par le mélange de langues et de voix qui caractérisent Saint-Gilles, cette action poétique invite des personnes parlant des langues différentes à partager poèmes et chansons de leur héritage.

    La présentation des travaux restera visible à la Maison des Cultures de Saint-Gilles du 23 février au 8 mars :

    • Sam. et dim. de 14h à 18h
    • Lun.-Ven. de 9h à 16h30 sur rdv
    • Visite guidée (groupes) : lun.-ven, sur rdv

    Information / Réservation : 02 850 44 18 -

  • Location / Localisation

    Ecole supérieure des Arts Saint-Luc
    30, Place Louis Morichar - 1060 - Bruxelles
    Trams : Horta (3, 4, 51) - Janson (92) - Barrière or Morris (81, 97)
    Métro : Hôtel des Monnaies (2, 6)

    Plan sur google map

    Maison des Cultures de Saint-Gilles

    120, Rue de Belgrade - 1060 - Bruxelles
    Trams : Avenue du Roi (81) - Imprimerie (32, 82)
    Bus : Imprimerie (49, 50) - Vétérinaires (78)

  • Contact

    Cécile Thuillier
    Mail :
    Tel. : +32 (0)2 207 96 10

  • Sponsors/Soutiens

    L’ESA Saint-Luc Bruxelles organise ce workshop avec le soutien de :