Ecole Eupérieure des Arts


Cursus /

Philosophie / Générale


Thème : « Qu’est-ce que la chose politique ? Quelques éléments de philosophie
politique »

Objectifs

Dans nos sociétés occidentales, le constat est paradoxal. D’un côté, le modèle de la
démocratie libérale nous apparaît aujourd’hui comme l’horizon indépassable de l’histoire
humaine. De l’autre, la politique nous apparaît désormais comme un domaine séparé du
domaine privé dans lequel l’individu cherche à s’épanouir. D’un côté donc, la démocratie
nous apparaît comme ce qui va de soi, de l’autre, nous nous sentons étrangers au pouvoir qui la met en oeuvre.
La crise de la politique (ou du politique) offre alors au philosophe l’occasion de repenser les choses que ladite crise met en question. En donnant à son tour à penser aux étudiants, le cours entend se positionner à titre de contrepoint à la banalité du nihilisme auquel il est toujours tentant de se laisser aller.
Compétences disciplinaires :
 Poser et se poser des questions en les formulant de manière adéquate.
 Identifier (sur base d’analyse structurale) un courant de pensée.
 Maîtriser les concepts en fonction de leur contexte.
 Faire dialoguer des regards divergents sur un sujet.
 Organiser une synthèse porteuse de sens qui rende compte du travail d’appropriation.
 Pouvoir dégager les enjeux actuels d’une problématique.
 Produire un commentaire qui excède la paraphrase.
 Prendre position à travers une critique (positive ou négative) pertinente.

Contenu

1/ INTRODUCTION
 La politeia grecque en tant qu’origine de notre idéal démocratique.
 La philosophie politique engage une philosophie de l’histoire.
 La philosophie politique engage une éthique.

2/ UNE PETITE HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE DE L’HISTOIRE
 Saint Augustin : la tension entre la cité terrestre et la cité de Dieu. La vie ici-bas est un
moment finalisé par le royaume de Dieu.
 Kant : existe-t-il un sens à l’histoire en dépit du mal ? En vertu d’une nature
providentielle, l’antagonisme entre les différents égoïsmes va contraindre l’homme à les
dépasser pour organiser la société. Par nature, l’homme est un être social : il se voit
contraint d’instaurer un système de droits qui protègent et limitent la liberté de chacun
et assurent la coexistence des États. L’humanité se dirigerait ainsi vers l’instauration
d’un droit cosmopolite garantissant une paix universelle. D’où l’ambivalence de la
position kantienne : est-ce l’homme ou cette nature providentielle qui fait l’histoire ?
 Marx : « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours, est l’histoire de la lutte des
classes. » À nouveau, les hommes obéiraient à une loi de l’histoire qui, à terme,
conduirait cependant pour Marx à la suppression de toute forme d’État — le régime
démocratique compris —, en ce qu’il constituerait une aliénation des hommes fondée
sur l’aliénation économique.
 Contrairement à saint Augustin, Kant et Marx, qui héritent de l’idée de progrès, ne
rendent pas compte de ce qui fonde leur optimisme et réduisent les hommes à n’être
qu’au service d’un sens qui les dépasse.

3/ PHILOSOPHIE POLITIQUE ET ÉTHIQUE
 Tocqueville : de la nécessité et des limites de la démocratie. Il n’y a pas d’exercice
possible de la liberté sans égalité à laquelle travaille précisément la société
démocratique (l’inéluctable égalitarisation des conditions dont sort la démocratie :
retour d’une philosophie de l’histoire), mais l’égalité poussée à l’extrême compromet la
liberté. La passion de l’égalitarisme expose la société à la menace de son atomisation,
laquelle entraîne une tyrannie étatique afin de contenir son implosion.
 Ricoeur : « Le paradoxe politique » : il coexiste dans le pouvoir deux possibilités, soit
faire advenir un progrès de la raison, soit développer la passion du pouvoir. C’est dire
qu’il existe une autonomie du politique : il ne suffit pas de résoudre l’aliénation
économique pour résoudre l’aliénation politique. L’État a une visée raisonnable, mais
cette visée passe par des décisions (l’histoire ne s’écrit pas toute seule) qui s’exposent à
la possibilité du mal.
 Conclusion : la ou le politique, un mal nécessaire ? S’organiser politiquement n’est pas
une réalité naturelle mais eu égard à ce choix, il faut reconnaître qu’il y aura toujours
une tension entre le domaine politique et l’éthique que le christianisme (auquel fait
appel Tocqueville, estimant la religion nécessaire au citoyen afin de recréer du lien) ne
résout pas.

Evaluation

En janvier, l’épreuve consiste en un examen théorique.
En juin, il est demandé à l’étudiant de formuler une question spécifiquement philosophique qui l’interpelle et d’en exposer une réponse pertinente, cohérente et précise, sur base d’éléments tirés du cours, en fonction de la sensibilité de l’étudiant mais en mobilisant explicitement 2 concepts analysés durant l’année.


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