Ecole Eupérieure des Arts



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Intitulé
LES CONFLITS DU DESSIN ET DE LA COULEUR
DEPUIS LA RENAISSANCE JUSQU’AU DEBUT DU XXEME SIECLE

Contenu et objectifs :

Giorgio Vasari, 1568 : « Procédant de l’intellect, le dessin, père de nos trois arts – architecture, sculpture et peinture – élabore à partir d’éléments multiples un concept global. Celui-ci est comme la forme ou idée de tous les objets de la nature, toujours originale dans ses mesures. »
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Charles Le Brun, 1672 : « Tout l’apanage de la couleur est de satisfaire les yeux, au lieu que le dessin satisfait l’esprit. »
Roger de Piles, 1708 : « Le Peintre qui est un parfait imitateur de la nature, pourvu de l’habitude d’un excellent dessin, comme nous le supposons, doit donc considérer la couleur comme son objet principal, puisqu’il ne regarde cette même nature que comme imitable, qu’elle ne lui est imitable que parce qu’elle est visible, et qu’elle n’est visible que parce qu’elle est colorée. »
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Eugène Delacroix, 1854 : « Je vois de ma fenêtre l’ombre des gens qui passent au soleil sur le sable qui est sur le port ; le sable de ce terrain est violet par lui-même, mais doré par le soleil ; l’ombre de ces personnages est si violette que le terrain devient jaune. »
Jean Dominique Ingres, v. 1860 : « Le dessin est la probité de l’art. Dessiner ne veut pas dire simplement reproduire des contours ; le dessin ne consiste pas simplement dans le trait : le dessin c’est encore l’expression, la forme intérieure, le plan, le modèle. Voyez ce qui reste après cela ! Le dessin comprend les trois quarts et demi de ce qui constitue la peinture. »
Charles Blanc, 1867 : « Le dessin est le sexe masculin de l’art ; la couleur en est le sexe féminin (…). En peinture, la couleur est essentielle, bien qu’elle occupe le second rang (…) il faut que le dessin conserve sa prépondérance sur la couleur. S’il en est autrement, la peinture court à sa ruine ; elle sera perdue par la couleur, comme l’humanité fut perdue par Eve. »
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Paul Cézanne, 1904 : « Le dessin et la couleur ne sont point distincts ; au fur et à mesure que l’on peint on dessine ; plus la couleur s’harmonise, plus le dessin se précise. Quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude. Les contrastes et les rapports de tons voilà le secret du dessin et du modelé. »
Robert Delaunay, n.d. [éd. 1957] : « Le dynamisme des contrastes de couleurs où l’élément linéaire n’est plus, c’est la forme même issue des contrastes en vibration simultanée des couleurs qui est le sujet – la forme mobile totale – non descriptive ni analytique comme dans le premier cubisme. C’est la forme en mouvement, statique – et dynamique. Les éléments constitutionnels sont les couleurs ; les unes vibrent lentes, en opposition aux rapides et extra-rapides. »
Henri Matisse, 1951 : « Le papier découpé me permet de dessiner dans la couleur. Il s’agit pour moi d’une simplification. Au lieu de dessiner le contour, et d’y installer la couleur – l’un modifiant l’autre – je dessine directement dans la couleur, qui est d’autant plus mesurée qu’elle n’est pas transposée. »

Ces quelques phrases témoignent de la teneur des discussions des artistes et des théoriciens sur les fondements de l’art de leur époque sans cesse redéfini, que ce soit la fameuse « cosa mentale » de Léonard de Vinci ou la non moins célèbre « émission de phénomènes » de Paul Klee.
Loin de tendre vers un savoir encyclopédique monotone et fastidieux, le cours s’articulera à partir de quelques axes historiques majeurs afin de donner aux étudiants des notions théoriques, des connaissances historiques ainsi qu’une solide culture visuelle.

Méthode
Il s’agira de confronter les discussions théoriques aux principales œuvres qui leur sont contemporaines, en les situant dans leur contexte historique, politique, sociologique et artistique.
Sans exclure le débat, le cours se donnera sous forme de conférences, appuyées sur des documents « power-point ».

Contrôle des connaissances
Le contrôle se fera sous la forme d’un écrit sur table, prenant en compte autant la compréhension de la matière que sa mémorisation (une question/dissertation « de fond » et deux ou trois questions de connaissances plus pointues).

Bibliographie
Outre les écrits des artistes et des théoriciens qu’il serait trop long d’énumérer ici, on se référera principalement aux ouvrages des historiens d’art suivants :
  Max IMDAHL, Couleur. Les écrits des peintres français de Poussin à Delaunay, Paris, Editions de la Maison des sciences de l’homme, 1996.
  Jacqueline LICHTENSTEIN, « Le conflit du coloris et du dessin ou le devenir tactile de l’idée », dans : La couleur éloquente. Rhétorique et peinture à l’âge classique, Paris, Flammarion, 1999 [1ère éd. 1989]
  Jacqueline LICHTENSTEIN, « Du disegno au dessin », dans : Du dessein au dessin, Bruxelles, La Lettre volée, 2007.
  Georges ROQUE, Art et science de la couleur. Chevreul et les peintres, de Delacroix à l’abstraction, éd. revue et augmentée, Paris, Gallimard, 2009
  La Peinture. Textes essentiels, sous la dir. de Jacqueline LICHTENSTEIN, Paris, Larousse, 1995.


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