Ecole Eupérieure des Arts


Cursus /

HAA/Art et architecture


Cadre général et objectifs

Le cours s’inscrit dans le cadre du projet pédagogique général de l’ESA Saint-Luc, et plus particulièrement, dans l’unité d’enseignement de Masters qui comprend les options « Architecture d’intérieur », « Patrimoine bâti » et « Scénographie(s) ».
Il vise à prolonger les acquis d’apprentissage des années de Bachelier en jetant des ponts entre, d’une part, les enseignements liés à l’histoire, où les étudiants ont balisé le territoire historique de l’architecture et des arts et appris à analyser des œuvres tout en les replaçant dans une chronologie ainsi que, d’autre part, les cours de sciences sociales et humaines, qui les ont initiés à des champs tels que la philosophie, l’esthétique, la sociologie, l’anthropologie, etc.
Il se pense en complément des cours théoriques de Masters, qui abordent l’architecture et les arts comme faits culturels en prise avec des enjeux contemporains et encouragent les étudiants à élaborer leur propre posture analytique et critique.
Enfin, et plus particulièrement, le cours tente d’anticiper et de répondre à certains besoins qui se font sentir dans le cadre de l’atelier. Ces besoins concernent la capacité des étudiants à définir des enjeux, des thématiques ou des problématiques ; à mener des recherches documentaires et à se doter de références pour aborder des questions spatiales complexes, articulées à d’autres dimensions de la société ; à penser leur engagement dans cette société et à l’impact des leurs productions sur celle-ci.

Contenus

Le premier quadrimestre est consacré à un séminaire, dont la thématique variera chaque année. La thématique sera choisie en lien avec un ou plusieurs projets que les étudiants développent au sein de leurs ateliers respectifs. Durant la première partie du séminaire, l’enseignant fournit des clés théoriques et méthodologiques pour aborder cette thématique (exposés, commentaires de textes), tandis que les étudiants alimentent la thématique par le biais de recherches documentaires et d’analyses sur des objets ou des démarches liés à l’histoire des arts et de l’architecture (travaux pratiques). La deuxième partie du séminaire est consacrée à un travail d’enquête, mené en groupes. Chaque enquête sera motivée par une question, une problématique ou un cas d’étude commun au groupe et fera l’objet de séances collectives de discussion, animées par l’enseignant. Ce travail d’enquête sera restitué à la fin du quadrimestre sous la forme d’un dossier et d’une présentation orale.

Le second quadrimestre est consacré à une série d’exposés et de commentaires de textes qui s’articulent autour de la question du « devenir de l’œuvre ».
Le cours propose d’enrichir les lectures traditionnelles qui abordent l’histoire des arts et de l’architecture à partir du contexte de production des œuvres et de l’intentionnalité de leurs auteurs. Pour ce faire, nous explorons le territoire historique récent des arts et de l’architecture (XXème et XXIème siècles) en nous intéressant à ce qui se passe une fois qu’une œuvre, un espace, un bâtiment sont confrontés à la perception, aux appréciations, à l’appropriation, aux transformations d’autres que ceux qui les ont produits (spectateurs, visiteurs, critiques d’art, commissaires priseurs, curateurs, usagers, habitants, …). Quels sont les critères d’accès d’un bâtiment au statut de « patrimoine » ? Comment attribue-t-on un « prix » à une œuvre d’art ? Pour quelles raisons une installation dans l’espace public fait-elle controverse ? Comment la culture influence-t-elle l’usage d’un lieu ? Quelle différence de perception peut-il y avoir entre celui qui donne vie à l’architecture - l’architecte - et celui qui la vit - l’usager ? Quelles médiations rendent possible la vie publique d’œuvres artistiques ou architecturales (musées, expositions, revues, plans, dessins, maquettes, concours, prix…) ? Quels sont les intermédiaires de ce « devenir public » (curateurs, galeristes, scénographes, critiques, jurés, …) ? Quelles sont les transformations, les aménagements, les ajustements que les habitants apportent à leurs intérieurs ? Comment artistes et architectes réutilisent, se réapproprient, reformulent les œuvres de leurs prédécesseurs ?
Par le biais d’un dialogue entre des études de cas concrets, des textes de référence et des notions théoriques (réception, usage, médiation, horizon d’attente, reconnaissance, classement, postproduction, jugement, appropriation …), le cours entend mettre en évidence ces processus divers, aux temporalités variables, à travers lesquels passent les œuvres d’art et les espaces. Et dont ils sortent rarement inchangés.

Exemples de cas

 Le procès historique de Brancusi contre États-Unis sur la définition de « L’oiseau dans l’espace » comme œuvre d’art ou comme marchandise (1928) ;
 De l’abandon du village de New Gourna (conçu par l’architecte Hassan Fathy dans les années ‘40) aux tentatives de sauvegarde initiées en 2010 par le programme du mondial sur l’architecture de l’Unesco ;
 La controverse autour de l’œuvre « Mille plateaux » de Daniel Buren (1986) ;
 La fortune critique de l’internationale Situationniste et ses reformulations par d’autres artistes et architectes (Sophie Calle, Groupe Stalker, …) ;
 Le film « Koolhaas Houselife » de Ila Bêka et Louise Lemoine (2008) qui présente la maison à Bordeaux conçue par Rem Koolhaas (1998) à travers les yeux de la femme de ménage qui y travaille ;
 L’exposition « Intérieurs. Notes et figures » au pavillon belge à la biennale d’architecture de Venise (2014), qui rend compte des transformations, des aménagements et des ajustements que des habitants apportent à leurs logements.

Bibliographie indicative

BESSY C. et CHATEAURAYNAUD F. (2014 (1995)), Experts et faussaires. Pour une sociologie de la perception, Paris, Petra.
BOURRIAUD N. (2004), Postproduction, Paris, Les Presses du réel.
DE CERTAU M. (2005 (1980)), L’invention du quotidien. 1. Arts de faire, Paris, Gallimard (Folio essais).
DE CERTAU M., GIARD L. et MAYOL P. (1994 (1980)), L’invention du quotidien. 2. Habiter, cuisiner, Paris, Gallimard (Folio essais).
FABRE D. et IUSO A. (2010) (dir.), Les monuments sont habités, Paris, La Maison des Sciences de l’Homme (Ethnologie de la France).
HEINICH N. (1997), L’art contemporain exposé aux rejets. Études de cas, Nîmes, Jacqueline Chambon.
HEINICH N. (2009), La fabrique du patrimoine. De la cathédrale à la petite cuillère, Paris, La Maison des Sciences de l’Homme.
HEINICH N. (2009), Faire voir. L’art à l’épreuve de ses médiations, Bruxelles, Les Impressions nouvelles (Réflexions faites).
HOSSARD N. et JARVIN M. (2005) (dir.), C’est ma ville ! De l’appropriation et du détournement de l’espace public, Paris, L’Harmattan.
LYNCH K. (1999 (1960)), L’image de la Cité, Paris, Dunod.
MONNIER G. (2006), L’architecture : la reception immediate et le reception différée, L’œuvre jugée, l’édifice habité, le monument célébré, Paris, Publications de la Sorbonne (Histoire de l’art).
PINSON D. (1993), Usage et architecture, Paris, L’Harmattan.
RAPOPORT A. (2000), Culture, Architecture et Design, Golion, Infolio.
ROTOR, D’HOOP A. et ZITTOUNI B. (2010), Usus/Usure. Etat des lieux/How Things Stand, Bruxelles, Communauté française Wallonie-Bruxelles.
SEGAUD M. (2007), Anthropologie de l’espace : Habiter, fonder, distribuer, transformer, Paris, Armand Collin.
STEWARD B. (1994), How Buildings Learn : What Happens After They’re Built, New York, Viking.

Modalités d’évaluation

L’évaluation se fait en deux temps :
1) Pendant le premier quadrimestre, consacré au séminaire, les étudiants seront notés sur base :
 du travail d’enquête. Seront évalués le sérieux du travail, la qualité du dossier et de la présentation orale mais aussi la capacité des étudiants à mener une recherche documentaire, à adopter une posture analytique et critique par rapport à une thématique, à travailler en équipe et à produire des savoirs collectifs. Une même note est attribuée à chaque groupe. Pondération : 1,5 ECTS
 de leurs apports au séminaire. Bien que la présence au séminaire ne soit pas obligatoire stricto sensu, la participation active à celui-ci sera valorisée (note bonus basée notamment sur le rendu des travaux pratiques et la participation aux discussions collectives). Pondération : 0,5 ECTS

2) Durant la session d’examen de fin d’année, chaque étudiant sera noté sur base d’une épreuve individuelle (orale ou écrite) qui portera sur le cours du deuxième quadrimestre. Seront évalués la capacité de l’étudiant à comprendre et restituer, en se les appropriant, les contenus proposés par l’enseignant. Pondération : 2 ECTS

Supports de cours et informations complémentaires

Les supports de cours (portefeuille de lecture, diaporamas, …), les travaux réalisés par les étudiants ainsi que toutes les informations pratiques sont publiés régulièrement sur le blog du cours.
Les étudiants sont invités à devenir membres du blog afin d’être tenus au courant de l’ensemble de ces informations.
Ils peuvent prendre contact avec l’enseignant à l’adresse suivante.


Contact

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