Ecole Eupérieure des Arts


Bride abattue et mouche goulue

Les animaux sont comme nous.
Ils vivent.
Lentement, longuement, beaucoup, peu, assez, trop.
Façons d’apprécier le poids ou la légèreté de la durée (que d’éternité dans la vie d’un éphémère).
Ils sont là, souvent près de nous, avec leurs plumes, leurs poils, leurs écailles, leurs becs, leurs pinces, leurs suçoirs, avec tout l’arsenal d’armes et de couvertures qui les protègent et les travestissent, tout comme notre peau si fragile et nos dents de lait si solides.
Ils piaillent, ils meuglent, ils beuglent, ils roucoulent, ils chantent (et nous tentons de les imiter), ils chicotent, ils roucoulent, ils pupulent, ils cacabent…
Ils pleurent, ils hurlent.
Quand ils parlent, ils ne nous comprennent pas
. [1]

Depuis 1951, date de la création du Daily-Bul 2 par André Balthazar et Pol Bury, beaucoup de poiseaux, animaux chers à Camille De Taye, sont passés sous les rondeurs désinvoltes de cette pensée très louvièroise. Pour tenter de la définir le poète surréaliste wallon, Marcel Havrenne avait écrit que « La pensée Bul n’est pas souvent ce qu’on croit. Elle en serait même, le cas échéant tout le contraire ».
C’est avec ce postulat de départ pour le moins interpellant qu’une trentaine d’étudiants de l’Ecole Supérieure des Arts Saint Luc Bruxelles, sous la houlette de deux « apis-culteurs » amateurs, Nathalie Balthazar et Benoît Lallemand, ont abordé l’aventure 100 Titres.
Pourquoi 100 Titres, nous direz-vous ?
Un jardin suffisamment grand était nécessaire pour laisser déambuler librement nos pieuvre, araignée, mouche, pigeon, singe, limace et autres animaux constituant le bestiaire Bul.
Alain de Wasseige, habitué à côtoyer pareilles créatures, mit volontiers à notre disposition les espaces de la galerie 100 Titres.
Les étudiants, futurs créateurs d’intérieurs de surcroît, avaient donc à disposition un espace à la mesure des textes et dessins provenant de différents collaborateurs renommés du Daily-Bul.
Chaque étudiant, après avoir pris le temps d’apprivoiser, qui un éléphant, qui un hérisson ou même une poule, a dû régler un concept mettant texte, dessin et espace en interaction.
De ces expériences néo-surréalistes naquit l’exposition Bride abattue & Mouche goulue.
Il nous fallait donc avancer, risquer, éprouver avec cette voracité caractérisant les jeunes explorateurs.
Et comme aurait pu l’écrire Jean-Michel Bragard :
Longue vie encore aux cloportes, zèbres, huîtres et moules qui toquent à notre porte, à moins que ce ne soit que le vin qui imbibe la présente feuille.

 [2] Extrait de Buffonneries, écrit par André Balthazar en 1990 et publié aux Editions du Daily-Bul


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